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 L'épreuve du deuil

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Nashima Kiruda
Mage de Rang E
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MessageSujet: L'épreuve du deuil    Ven 6 Déc - 20:09

C'est quand même triste la vie quand on y pense. Cette chose qui n'est qu’éphémère et qui, quoi que l'on tente, nous abandonne sans crier gare. On s'y attache tellement, et elle s'arrache de nos bras, nous laissant nous en aller brusquement dans un autre monde, quitter nos proche et ne laisser que la trace des souvenirs dans le coeur de ceux que l'on a eu la chance de côtoyer du temps où cette chose nous tenait fidèlement compagnie.

Et parfois, certaines âmes vivantes préfèrent hâter cet abandon en forçant la vie à se détacher de l'être qu'elle anime. Pour les gens entourant l'âme qui se meurt, cette séparation brusque fait naître un sentiment qu'il est dure de réprimer. C'est cette envie de faire payer, de montrer au fautif l'impact et les conséquences de son acte, qu'il le regrette et s'en morde les doigts incessamment.  Et alors on plonge dans le cercle infernal de la vengeance. Ce cercle qui ne s'arrête jamais et qui au contraire grandit en intensité et en violence au fil du temps. Un haine toujours grandissante germe et pousse dans le coeur des deux camps.

Il faut donc anticiper ce cercle en arrêtant le premier acte négligé qui risque de tout déclencher, et il se trouve que ma premièrement consiste à jouer ce rôle de garde-fou, de prévention de la tempête. L'homme que je dois cadrer n'est de plus pas n'importe qui. C'est quelqu'un qui a un grand poste dans la ville et qui, si on venait à savoir l’exécution de ce qui est encore au stade d'intention, pourrait avoir un gros paquet d'ennuis. Mais comment raisonner un tel homme alors que l'on est qu'une simple petite mage débutante ?

Cherchant des façons d'entrer en contact sans trop de brusquerie, j'arrive à la frontière de la ville, par où l'homme devrait normalement passer si les informations que j'ai reçues s'avèrent correctes. Je m'appuie contre un des côtés du mur qui délimite la séparation entre la ville et le reste du monde, les bras croisés, la mine songeuse. J'essaye maintenant de me souvenir du descriptif de l'homme: la quarantaine, taille assez grande, cheveux bruns-gris court, avec un gros nez et l'élément distinctif: une tâche de naissance très visible dans le cou. Cela devrait suffire pour le repérer. Bon il n'y a plus qu'à attendre notre individu.

J'observe calmement la foule qui va et vient, mais n'observe que des enfants avec leur maman, ou des grand-père faisant leur promenade quotidienne. Aucun signe de celui que je cherche. Plusieurs heures passent sans résultat. Pourtant, d'après mes renseignements, la personne qui a tué son fils n'habite pas la ville, alors s'il veut sa peau, il est forcé de passer par là... à moins... à moins que...

Oh non !

Se pourrait-il que l'assassin soit déjà dans la ville ? Alors le père s'est arrangé pour savoir quand il serait venu et l'aurait capturer à ce moment-là, dans une rue peu fréquentée, et maintenant, à l'abri de tout regard, il va...

J'ai du mal à déglutir. Mes mains commence à trembloter. Le problème se complexifie. L'amorce du cercle vicieux de la vengeance semble tout à coup se rapprocher très rapidement. Je ne réfléchis plus et court dans la ville. Je n'en suis absolument pas sûre, mais le premier endroit qui me vient pour cacher un meurtre est sa maison elle-même, et comme le temps m'est compté je n'entreprends pas d'envisager d'autres possibilités. Il me faut absolument l'adresse de cet homme !!

Dans ma tête défile une suite d'endroits potentiels où combler mon manque d'information, mais lequel me la donnera sans s'opposer, sans refuser sous prétexte que c'est privé, que c'est secret,... ? Je sens la panique en moi; le temps presse et je n'ai aucune idée de comment arrêter l'irréparable.

L'esprit complètement paniqué, je commence à ne plus regarder où je vais et percute assez violemment une personne. Tombant par terre, je me frotte le crâne et une fois mon esprit à nouveau actif je regarde la personne bousculée qui ne manque pas de me faire part de son mécontentement. Je la vois avec son visage crispé et ses poings serrés, qui me crie pleins de reproches.

Mais ses paroles ne m'atteignent pas. Mon attention est captivée par un détail qui me laisse bouche-bée. Mes yeux s'agrandissent. L'individu en face de moi... a une tâche bien visible sur le cou ! Est-ce le hasard ? Est-ce une personnalité divine qui m'a aimablement aidée dans ma première mission ? Quoi qu'il en soit, l'homme en face de moi est le père qui compte se venger, celui que je dois arrêter avant qu'il ne soit trop tard. Est-il déjà passé à l'acte ?

Après que l'homme est vidé sur moi ce qu'il avait à me dire, il tourne les talons et s'apprête à repartir. Un déclic se fait dans ma tête: il ne faut pas le laisser partir avant d'être sûre qu'il ne tuera pas ou n'as pas déjà tué

Euh... hey euh... Monsieur, attendez ! bredouillé-je

Il se retourne, l'air très contrarié et lâche d'une voix agacée

Quoi encore !

Je relève et mes joues commencent à rougir. Je tente de continuer, me tortillant les doigts.

Euhm...J'ai appris pour votre fils et euhm... j'aimerais vous parler de quelques chose en lien avec... euhm... avec ce tragique évenement...euhm... je peux ?

Il soupire. On sent qu'il n'a aucune envie de ça pour l'instant mais il croise les bras et répond.

Bon vas-y qu'est-ce que tu veux ?

Je fuis son regard pesant et reflétant un certain mépris. Cherchant mes mots, la gorge nouée par la timidité et l'intimidation qu'il m'apporte, je tente d'articuler

Je sais que ça ne doit pas être facile à supporter. Qu'on a envie de faire subir à celui qui a fait un tort, le même châtiment pour avoir le sentiment de rétablir l'équilibre mais...

Attends, je comprend rien à ton charabia là, tu veux me dire quoi concrètement ?

Mes joues frôlent la couleur tomate. Il m'a coupé dans mon élan que je tentais tant bien que mal de maintenir, pour ne pas bredouiller, mais là, tout s'écroule et est à recommencer. Cette confiance installée pour parler doit être reconstruite soudainement. Fuyant d'autant plus le regard de l'homme en face de moi, je bredouille

Ben euh... en fait... j'aimerais... euhm... que... parce-que en fait j'ai une mission et... euhm... elle vous concerne... je...

Il lève un sourcil. Ne sachant quoi rajouter, je me tais et attend sa réaction. Les quelques secondes qu'il prend pour essayer de comprendre ce qui sort de ma petite bouche me paraissent infinies. Ma gorge me fait mal, car la boule qui y loge semble grossir et étendre énormément les paroi. Mon esprit surchauffe.

Finalement, après qu'il se soit gratté longuement le menton, il soupir et m'accorde enfin la fin du suspens

Mouais, je crois comprendre où tu veux en venir. Tu pense que je vais aller me venger  de l'individu qui m'a privé de l'affection de mon fils ?

Il marque une pause pour former un petit sourire fier

Eh bien sache que j'ai déjà essayé, mais que j'ai échoué

Cette phrase a l'effet d'un coup de tonnerre, d'un claquement de fouet. Alors c'était vrai, cet homme est bel et bien déjà passé à l'acte. Il dit avoir échoué, bluffe-t-il ? Je reste un moment muette, surprise de sa réponse. Comment enchaîner pour déceler ce qu'il semble cacher ?

Arborant toujours son sourire narquois, il me fixe et me laisse encore me poser une foule de question, l'air interdite et peu rassuré de la suite des événements, avant de rire malicieusement.

Pour une mage de Sabertooth, tu m'as pas l'air très douée pour ce genre de mission dis-moi. Comme je suis globalement de bonne humeur aujourd'hui, je veux bien t'inviter chez moi et je t'explique rapidement le topo, tu verras qu'il n'y a pas de quoi t'inquiéter

Je regarde mon avant-bras, un peu mal à l'aise. C'est vrai que je porte fièrement l'écusson de ma guilde et pourtant, je galère énormément pour une simple mission de diplomatie. Suis-je pathétique ? Peut-être. Il faut dire que mon caractère timide ne me facilite pas les choses... Je joins mes mains derrière le dos et accepte d'une petite voix sa proposition.  

Sa maison n'est pas très loin de l'endroit où l'on s'est rencontré et on fait rapidement la jointure entre les deux points. Le court voyage se fait en silence. Toute ma pensée est concentrée sur la méthode a utilisé pour le convaincre d'abandonner le projet de vengeance qui le hante. Que va-t-il me raconter et qui me dit que cela sera la vraie version ? C'est difficile à dire, mais pour l'instant le mieux à faire c'est attendre et analyser ce qui sortira de la discussion. Cette perspective ne m'enchante pas mais malheureusement, aucune meilleurs idée ne fait surface...

L'homme ouvre la porte et m'invite à entrer. Une fois le seuil passé, je découvre un intérieur simplement meublé d'une petite comode, d'une table et d'un petit coin cuisine. Mais je n'ai pas le temps d'en voir plus car quelques chose me cache les yeux et une main m'empêche  de crier.

Tu es tellement naïve ma petite. Mais tu reste tout de même un obstacle à ma vengeance. Je préfère donc prendre toutes les précautions, tu ne m'en voudras pas j'espère


Mon cœur bat à tout allure, me faisant ressentir de grands à-coups au niveau des côtes, et ma respiration s'emballe. La main s'enlève de ma bouche et la voix, que j'ai clairement reconnu comme étant l'homme avec qui je discutais à l'instant, me fait clairement comprendre que crier est une mauvaise idée. La peur me tiraillant le ventre, je tente de raisonner, la voix tremblante

Je vous en pris monsieur, tout ça ne ferais qu'empirer les choses. Relâchez-moi pendant qu'il n'est pas trop tard et renoncez à tuer cet individu

Je sens un souffle près de mon oreille et bientôt un son

ça tu vois, il en est hors de question

Je sens qu'il me lie les mains et tente de me débattre. Mais il me retient sans problème et me lie les membres supérieurs assez facilement. Il me force à avancer et je comprends que l'on change de place. Après avoir descendu un escalier me semblant long, des frissons commencent à recouvrir ma peau. On doit être arrivé dans une sorte de cave où de grenier, dans tout les cas, une pièce où la température est bien plus fraîche qu'avant.  

Il me pousse et je trébuche assez violemment par terre, sur un sol dur. Ne pouvant me retenir avec les bras, je me cogne le coude et le genoux et les sens me faire très mal. Grimaçant sous l'effet de la douleur, je tente de me fier à mon ouïe pour repérer des indices sur l'endroit. Mais sous l'effet de la panique, je n'arrive pas à me concentrer suffisamment pour découvrir quelques chose d'intéressant. Puis une voix qui m'est inconnu, sonne soudainement.

Qu'est-ce que cette fille fait ici, elle n'a rien à voir avec ça, relâche-là

Au contraire, elle en sait déjà suffisament sur toi pour assister à ce qui va suivre¨

Je l'entends s'approcher, puis mon bandeau se desserre. Je retrouve la vue et découvre un autre prisonnier. Ou prisonnière plutôt. Je vois une femme avec de long cheveux noir, la taille fine, attachée comme moi. Mon coeur accélère encore, car si ça continue, non seulement je n'aurais pas pu empêcher le cercle infernal de s'enclencher, mais en plus je vais assister à son départ. Rapidement, je jette un coup d'oeil autour de moi, il me faut absolument quelques choses pour l'arrêter mais quoi ?

Un clic typique d'un rechargeur de fusil se fait entendre. Mon sang ne fait qu'un tour.

Bon quand faut y aller...

Il pointe son arme sur la femme. Au moment où il compte tirer un oiseau d'eau percute gentiment la femme qui trébuche et la balle fait un petit trou dans le mur derrière.

Ouf juste à temps

Le temps que l'homme réalise ce qui se passe j'entreprend déjà de récupérer l'eau de l'oiseau pour former une épée allongée, eau que j'ai trouvé en cherchant de quoi sauver cette femme. Je suis tomber sur un coin de la pièce où gouttait sur la pierre froide et une petite flaque était déjà visible, que rêver de mieux.

Je remercie mentalement les nombreuses heures d’entraînements à changer rapidement d'arme et coupe les fils qui me retiennent les bras. J'entends hurler

Petite s***** tu as tout fait foirer !

Il se calme et sourit à nouveau comme avant ma capture

Il faudra donc que je m'occupe de toi en premier.

je cours vers la femme et coupe ses liens.

Je t'en pris, tue-moi, je l'ai mérité, mais épargne-là, elle n'a rien fait de mal

Naaaaan trouvé-je le courage de crier Réfléchissez aux conséquences. Tuer cette femme ne vous redonnera pas votre fils. Vous pouvez encore revenir en arrière !

Tais-toi, je m'en fous des conséquences, je veux juste faire payer à cette garce !

Je suis sûre qu'elle ne l'a pas voulu ! Et pensez-vous vraiment que votre fils, quand il vous regarde d’où il est, serait fier de voir vos actes ? Serait-il plus heureux ?

Je ne sais pas où je puisse tout ce courage, mais en tout cas, ma voix ne tremble plus. Je sens comme une poussée de conviction. La peur de mourir ? Sûrement. En tout cas, cette dernière intervention a l'air de le faire réfléchir. Il reste à nous fixer, immobile, le fusil pointer sur moi. Je retiens mon souffle et suit des yeux l'arme qui tremblote légèrement dans la main de l'homme.

Ses yeux se remplissent et d'un coup, il lâche son arme et tombe à genoux, pleurant de tout son être. Je laisse l'émotion redescendre petit à petit pendant qu'il supplie

Pardon, pardon, je sais pas ce qui m'a pris. Mon fils était tout pour moi, j'ai tellement du mal à accepter que je ne pourrai plus jamais le serrer ddans mes bras je...je croyais que si je... si je le faisait, ça me soulagerais...

Il se tient la tête et la secoue. Je m'approche doucement, ramasse le fusil par précaution et pose ma main sur son épaule.

ça va allez ? Allez ressaisissez-vous, tous est fini murmuré-je

*Le soir-même*

Couchée dans mon lit, je repense à cette journée mouvementée. La femme a accepté de taire les événements la concernant et le pardon de l'homme. D'après les deux adultes, "comme ça on est quitte" je suis heureuse qu'aucune goutte de sang n'est été versée et que l'homme n'est pas terni son image à cause d'un bête coup de tête qui aurait pu coûter gros.

Un sourire se dessine sur mes lèvres. Le cercle infernal a perdu... Tout est rentré dans l'ordre, quel soulagement !
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